Comment éviter les pièges lors d’une reconversion professionnelle ?

Vous cherchez à vous reconvertir ? Et vous ne savez pas par où commencer ? Laurent Loiseau, conseiller en évolution professionnelle à Paris, fait le point sur les risques à éviter et vous donne ses conseils pour réussir votre projet.

Il a déjà plusieurs reconversions professionnelles à son actif. Laurent Loiseau a été journaliste spécialisé dans l’emploi et la formation, puis dirigeant d’une agence interactive. Maintenant, il accompagne salariés et indépendants dans leur quête de changement de métier ou de création d’entreprise. Grâce à ses expériences, il accompagne au quotidien les personnes souhaitant mettre en place un PTP ou solliciter Transitions Pro pour démissionner et mettre en œuvre leur projet. 

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Au regard de votre expérience, quels sont les risques que l’on peut rencontrer lors d’une reconversion ?

Laurent Loiseau : « Le principal piège à éviter, c’est le "miroir aux alouettes" que peut représenter l’idéalisation d’un métier sur lequel on n’a pas suffisamment enquêté. Il y a un risque important de faire fausse route en restant dans le flou, en improvisant, sans préparation et en s’en tenant à l’image idéalisée que l’on a du métier convoité, c’est-à-dire sans avoir pris le temps de chercher des informations supplémentaires sur les formations, les débouchés, les conditions de travail, etc.

Un des autres risques est de ne pas avoir identifié clairement les raisons de l’insatisfaction professionnelledéclenchant un mal-être au travail et cette envie de changer de métier. Cette identification permet d’avancer dans la bonne direction de son projet professionnel, et de ne pas se retrouver dans l’indécision. »

Avant de se lancer dans une reconversion professionnelle, quel est votre premier conseil pour partir sur de bonnes bases ?

« Dans cette phase de questionnement, on peut ne pas forcément être très serein. Alors, mieux vaut éviter de se lancer trop vite dans le changement de métier. Il est essentiel de faire un travail sur soi-même, de clarifier ses envies profondes avant d’ouvrir de nouvelles voies dans lesquelles s’engager. »

Justement, comment faire pour éviter l’impréparation et l’improvisation dans un projet de reconversion ?

« Mon premier conseil, c’est de vous faire accompagner. Mon conseil en évolution professionnelle (Mon CEP) est un service gratuit, personnalisé et confidentiel. Vous bénéficiez de quatre heures d’entretien avec un conseiller pour poser et affiner votre projet de reconversion. Notre rôle en tant que conseiller en évolution professionnelle est de prendre le recul nécessaire pour définir une stratégie co-construite avec vous. Par exemple, certaines personnes vont souhaiter quitter leur poste en démissionnant alors qu’une solution moins abrupte peut être envisagée, car en matière de formation de reconversion, l’employeur n’a rien à payer. Tout le monde ne le sait pas. »

Vous évoquiez l’importance de connaître les origines de son insatisfaction pour mener une reconversion réussie. Comment y parvenir ?

« Le sentiment d’insatisfaction est l’élément déclencheur d’un souhait de reconversion pour la moitié de nos bénéficiaires. Dans cette situation-là, nous prenons le temps lors d’un rendez-vous pour réaliser une analyse partagée de la situation. Par exemple, quelle est la nature de cette insatisfaction ? Est-elle liée à l’emploi que vous exercez ? Au rythme de travail ? À votre manager ? Au secteur économique ? Avez-vous fait le tour de votre métier ? Pensez-vous pouvoir évoluer dans le cadre du plan de développement de l’entreprise plutôt qu’en sollicitant une autorisation d’absence ? Notre méthodologie d’accompagnement auprès des bénéficiaires sur cette identification de l’insatisfaction inclue aussi le dialogue avec l’environnement familial. Dans cette phase de réflexion sur soi-même, c’est important d’échanger avec ses proches, et d’être entouré. »

Comment bien se renseigner sur un métier ?

« C’est le sujet clé. 80 % de notre travail de conseiller en évolution professionnelle consiste à déclencher chez les bénéficiaires l’envie d’enquêter sur le métier à la manière d’un journaliste

Se lancer dans une enquête métier, c’est exploiter toutes les ressources d’informations disponibles. Et nous sommes là pour accompagner les bénéficiaires dans leurs recherches. Il faut se renseigner sur les conditions de travail, savoir si le métier implique que l’on se mette à son compte, s’il y a un salaire fixe, des commissions, comment financer la formation, et surtout, comparer les différentes formations éligibles transitions pro… Au cours de cette étape, nous travaillons également avec des conseillers en orientation de la Cité des métiers de la Villette pour compléter les connaissances.

Nous motivons aussi les bénéficiaires à aller à la rencontre des professionnels, à faire une vraie enquête de terrain. Dans le cadre de notre suivi, nous proposons même de piloter la partie administrative d’un stage d’immersion professionnelle. C’est le meilleur moyen de se rendre compte si l’idée que l’on se fait du métier est la bonne et s’il nous correspond vraiment. »

« Mon CEP est là pour vous aider tout au long des étapes, de la précision du projet à la rédaction de la demande de financement auprès de Transitions Pro.

Laurent Loiseau, Conseiller en évolution professionnelle

Beaucoup de personnes changent-elles d’avis après cette étape de recherches et d’observation sur le terrain ?

« Dans un quart ou un tiers des cas, les projets sont différés après réflexion. D’autres changent d’idée tout simplement. Par exemple, je me souviens d’une assistante administrative qui voulait se lancer dans l’immobilier. Après discussions et réflexions, elle a réalisé qu’elle menaçait son environnement personnel et familial avec ce métier qui est rarement rémunéré en salaire fixe. Ce qui comptait pour elle, c’étaient les relations humaines, et elle s’est tournée vers les ressources humaines. 

Et parfois, il suffit de réduire sa part de stress, notamment née du confinement ou du télétravail, pour repartir sur de bonnes bases. Si notre suivi ne suffit pas, nous orientons les bénéficiaires vers un bilan de compétences pour tout remettre à plat. »

Une fois qu’on est sûr de son choix de métier et de la formation à faire, comment obtenir un financement ?

« Mon CEP est là pour vous aider tout au long des étapes, de la précision du projet à la rédaction de la demande de financement auprès de Transitions Pro, l’organisme financeur remplaçant désormais le fonds de gestion du Congé individuel de formation ( FONGECIF ). L’enquête métier qui va nourrir ce projet professionnel est indispensable à ce dossier. Donc se renseigner sur le marché de l’emploi, et les métiers qui peuvent être des "miroirs aux alouettes”, sont indispensables. Car la première des choses que va juger Transitions Pro sur la demande de financement, c’est la cohérence du projet

L’autre point très important, c’est le choix de l’organisme de formation. Transitions Pro regarde si vous avez bien comparé les différentes formations éligibles. Enfin, l’anticipation est essentielle : Transitions Pro demande au bénéficiaire de se projeter un an après la formation dans son futur métier. »

Envie de changer de métier ? Vous pouvez contacter un conseiller en évolution professionnelle en appelant notre numéro vert de votre région (appel gratuit), et faire le point sur votre situation.